mardi 29 janvier 2013

Énervement (1)

Trois auteurs pour une image…

Au cours d’une visite d’une exposition d’auteurs photographes (RDVI, Strasbourg, janvier 2013) mon attention s'est portée sur une série exposée : Gare du Nord de Cihan SERDAROGLU (France).

Le travail présentait des photographies de photographies affichées dans un lieu public sur lesquelles quelques tâches de couleurs provenaient de reflets des lumières ambiantes.

Loin d’une mise en abîme, il s’agit là d’un non-respect total du travail initial du photographe qui n’était même pas cité, la démarche ayant été celle décrite par l’auteur lui-même sur son cartel.


On pourra dire que je suis intolérant mais je trouve regrettable que le principe du droit d’auteur soit négligé à ce point.

dimanche 23 décembre 2012

Vintage, hélas

Métro, Ligne 4, PARIS, 2012

La caution d’un passé, recherchant l’esthétique d’un virage sépia, d’une découpe incertaine, d’un fond de carton vieilli…

Catalogues de filtres et de pré-réglages troublent les images d’une « révolution photo mobile » due à la multiplication des capteurs sans pour autant créer autant de regards personnels.

Recherche des défauts optiques, des fuites de lumières, des erreurs de manipulation…

À quand un Filtre Doisneau, d’un rendu Cartier-Bresson, d’un Noir Sieff, d’un Objectif Atget… ?

On a bien dans nos rues des voiture Picasso…




jeudi 20 décembre 2012

À conte-courant ?

Métro, ligne 4, PARIS, 2012

La même image.
En deux clics, désormais sans bruit ni mécanique, remonter le temps.
Retrouver la mauvaise tenue des couleurs, les gélatines coriaces, les fixateurs rétifs.
Parcourir une gamme d'effets, se donner la légitimité des années.
Faire beau, faire vieux, sans recul, faire parler.
Ce n'est pas non plus retrouver la chimie des chambres noires, des labos en salles de bains, l'apprentissage des pellicules et de leurs humeurs, les essais de filtres aux gélatines d'arc-en-ciel.
Une nostalgie pour des doigts à la surface de verre de nos tablettes si puissantes.
Mais cette photo, même maquillée, est toujours une photo volée.

lundi 17 décembre 2012

Vous avez dit pudeur ?

Métro, ligne 4, PARIS, 2012


L'histoire d'une image volée, assistée, dérobée.
Sans respect pour son sujet, pour en faire une belle photo, la misère comme grain, la couleur comme style, une preuve de voyage, reporter social inventé, facilité d'une misère banalisée, disponible.
Le smartphone en Minox, dans la foule connectée, permet de copier ces regards indiscrets, nos supports d'âme nettoyés, décorés d'un vernis d'art, impudeur d'un regard « équipé ».
On pense alors aux images passées quand le style était aux limites de la technique, quand la lumière manquait, à la chasse aux ASA, aux bains réchauffés, aux tirages densifiés, à la chimie détournée.
Et ces portraits étaient alors respectueux.

samedi 15 décembre 2012

Chaud effroi

Metro, Ligne 4, PARIS, 2012

Drapés de toges de marbre
Froissés de draps en jetés
Collerettes en dentelles
Plumes et hermines
Brocards et velours
Nos musées en sont remplis
Et nos lieux de passage nous en offrent de temporaires

dimanche 22 juillet 2012

Helmut par June



Une lumière au travers d'une croisée aux stores protégeant les si nombreux Polaroïds sobrement accrochés aux murs.
Photographier le lieu en respectant les œuvres : saisir le parfum d'un silence.
Ne pas dérober, jamais.

Helmut Newton
Helmut Newton Foundation
Museum für Fotografie

vendredi 30 mars 2012

Pour quelques degrés…

l'attente


















Le printemps joue à l’été
En terrasses envahissantes
Ras du sol et des trottoirs
Les voitures pour paysage
Les passants sans grand attrait
Les lunettes en serre-tête
Pull-over sur les épaules
Balnéaires attitudes
Bord de mer réinventé
Sans crainte du ridicule

mardi 22 février 2011

Alésia













Tant de becs de gaz en chapeaux suspendus
Survolent en soucoupes nos cafés enloundgés,
Embourgeoisés par la prétentieuse mode
Des trottoirs hivernaux en terrasses réchauffées,
Aux serveurs arrogants protégeant en chasseurs
Les espaces volés aux quidams à pieds.

lundi 7 février 2011

Strasbourg, février 2011.









Le robuste poireau aux radicelles rases
Suant sous un voile de papier sulfurisé
Dans la tiédeur de la poêle, au beurre, fond
Attendant l’heure du cercle pour un dressage

La Fario à la chair ferme, filmée dans un bain d’ondes
Vient alors se coucher, peau ôtée, à son côté.

mardi 13 juillet 2010

McDo


Les McDo sont les aires d'autoroute de nos villes.

On les espère
On les repère
On les idéalise

On n'y est pas surpris
On y retrouve les mêmes sols collants d'un film biologique de produits non rincés
On y adhère si on s'y attarde

On y attend assommé de bruits et d'images
On y transite sans se reposer
On en fuit content d'en réchapper

Avec dans la tête comme une maxime de fable,
Comme un corbeau enrenardé
Jurant, mais un peu tard…